mieux communiquer

Comment mieux parler de ses besoins avec la communication non violente Part1

 

J’ai lu il y a quelques années le livre de Marshall B. Rosenberg sur la communication non violente : Les mots sont des fenêtres.
Je voudrais vous en parler aujourd’hui car même s’il faut un peu d’entrainement pour la pratiquer, la CNV est une méthode très efficace pour désamorcer des disputes ou des malentendus et réussir à communiquer plus ouvertement (plus vraie).

La parole est l’expression de nos sentiments. Parler nous sert à nous affirmer, dire ce que l’on aime, ce que l’on désire, ce que l’on refuse. Imaginez. Un monde où on ne puisse pas parler. Comment faire comprendre à son interlocuteur ce qu’on veut.
Et pourtant, même avec la parole bien souvent on n’arrive pas à exprimer aux autres nos besoins et ce qu’on veut, ce que l’on attend de l’autre. Parfois on espère que l’autre nous comprenne sans qu’on ait à s’exprimer 😄 ! bon mais pour l’instant on ne maitrise pas la télépathie, il ne nous reste plus qu’à affronter nos sentiments et apprendre à les exprimer. Et c’est pas facile ! Avec un peu d’entrainement, on peut prendre conscience de ses sentiments, de ses besoins et arriver à les exprimer sans reproches. C’est ce que propose la Communication Non Violente. (CNV)

La démarche de la communication non violente :

  1. Observations : Que se passe t il dans un moment donné paroles ou actes qui me plaisent ou pas l’important est l’observation sans jugement ou évaluations.
  2. Sentiments : dire ce que nous ressentons vis à vis de ces faits ou paroles (tristes, joyeux, inquiets, en colère…)
  3. Besoins : exprimer les besoins à l’origine de ces sentiments.
  4. Demandes : s’exprimer clairement et sincèrement demander à l’autre des actions concrètes qui contribueront à mon bien-être.

La CNV peut s’appliquer à toutes les situations :

  •  Communication dans le couple
  • Relations familiales
  • Milieu scolaire
  • Milieu professionnel

Elle est très utile dans la résolution de conflits.

La CNV demande de l’empathie, de la bienveillance des qualités d’écoute. Encore une fois si vous lisez ces lignes et que vous ne vous sentez pas emplis de ces « qualités » pas d’affolement ! Vous pouvez toujours vous entrainer pour y arriver, et une fois que l’on a compris le principe et qu’on le teste, c’est assez magique !

Exits les Jugements moralisateurs

Avec la CNV on va proscrire tout jugement envers l’autre. Qu’est ce que c’est concrètement un jugement moralisateur ?
C’est une tendance à dire qu’untel est dans le faux ou dans le mauvais quand ses actes ne correspondent pas à nos valeurs.
Exemple : « le problème avec toi c’est que tu ne penses qu’à toi tu es égoïste.» Ici la personne accuse l’autre, elle porte un jugement.
« Elle est paresseuse » Ici encore on attribue la paresse  à une personne. C’est péjoratif.
Le créateur de la Communication Non Violente fait une différence entre le jugement moralisateur et le jugement de valeur qui dirait : « La violence est un mal, les gens qui tuent sont mauvais »

Les comparaisons

Quand quelqu’un compare une personne avec une autre, il y en a toujours un qui est mieux que l’autre. Donc la comparaison devient un jugement. Par exemple pour une femme : se comparer à un mannequin et comparer ses mensurations amène à ruminer sur les différences. Comment peut-on s’aimer et s’accepter dans ces conditions ? (L’amour de soi étant un des piliers de l’estime de soi .

Refus de responsabilité

C’est à dire qu’on ne voit pas (ou on ne veut pas voir) qu’on est responsable de ce que l’on ressent ou de ce qu’on pense ou de ses actes.
Par exemple : Je ne peux pas faire autrement. Je n’ai pas le choix. Il y a certaines choses qu’il faut que je fasse. L’histoire est pleine d’exemples de personnes qui ont agit en se justifiant d’être sous l’autorité d’un supérieur hiérarchique ou de la loi !

Observer sans critiquer demande un effort. La première chose que l’on a tendance à faire lorsque l’on observe une personne c’est un jugement ou une critique. Quand on y réfléchit, c’est vraiment souvent le cas !
Exemple :

  • Tu es trop généreux : observation + évaluation.
  • Quand je te vois donner tout ton argent de poche, je pense que tu es trop généreux : observation sans évaluation.
  • Pierre traine dans son travail : observation + évaluation.
  • Pierre ne commence à réviser qu’à la veille des examens : observation sans évaluation.

Quand on mélange observation et évaluation, notre interlocuteur risque d’entendre une critique et résister à ce que nous disons. Se mettre sur la défensive, ce qui ne va pas arranger la communication. Le premier exercice de la CNV est d’observer sans évaluer.

Exprimer ce que l’on ressent.

Ce qui implique évidemment d’être conscients de nos émotions, sentiments et de pouvoir les nommer. Pas de panique, c’est pareil, avec un peu de pratique on peut y arriver très bien.
Pour certaines personnes exprimer ses émotions ne se fait pas. C’est presque trop intime. Selon l’éducation qu’on a reçue où, effectivement, on ne parle pas de ce qu’on ressent, il est déplacé de parler de sentiments, de besoins. Mais quand on ne dit pas ce dont on a besoin on finit par en vouloir à l’autre de ne pas nous apporter ce qui nous manque .

Exemple : Dans un couple. Le mari rentre tard le soir et sa femme aimerait qu’il passe plus de temps avec elle. Mais elle ne le dit pas. Elle lui demande de passer moins de temps au bureau. Quelques temps plus tard, le mari annonce à sa femme qu’il s’est inscrit à un tournoi de golf qui se déroulait … le soir après sa journée de travail. 😩
Dans cet exemple, la femme a réussi à dire ce qu’elle ne voulait pas, mais a oublié de parler de ses besoins. De ce fait, le mari n’a pas répondu à sa demande.
Le fait d’avoir du mal à exprimer ses sentiments peut venir  de l’éducation.

Par exemple pour un homme : « Quand on est un homme on ne pleure pas. » Combien de fois a t on entendu cette phrase ?

Exprimer ses sentiments nous rend plus humain. Certes, cela peut sembler être une marque de faiblesse.

Mais pourquoi ?

parce qu’on nous l’a appris.
Exemple : un enfant à qui on dit que les garçons ne doivent pas pleurer vont grandir avec cette injonction.
Quand on exprime ses sentiments on se sent vulnérable. Vulnérable, mais pas moins forts pour autant car quand on est conscient de ce que l’on ressent et qu’on l’accepte, cela nous rend plus fort.
Parler de ses sentiments peut éviter des interprétations mentales de la part de nos interlocuteurs.
Exemple : On reprend l’exemple du couple. Si la femme avait pu exprimer ses sentiments elle aurait dit : « J’aimerais que tu passes moins de temps au bureau et plus de temps avec moi. » Ce qui aurait été plus clair et aurait évité ce quiproquo.

Exprimer son besoin

Une fois que l’on arrive à parler de ses sentiments, on peut plus aisément parler des besoins qui en découlent. Le fait de préciser son besoin permet à l’interlocuteur de pouvoir y répondre s’il en est capable. La langue Française est riche de mots et de synonymes pour exprimer au mieux toutes nos émotions. Pourquoi ne pas essayer de s’en servir en essayant de développer un vocabulaire affectif riche.
Reprenons l’exemple du couple ci-dessus :
La femme pour exprimer ses besoins pourrait dire : « J’aimerais que tu passes moins de temps au bureau et plus de temps avec moi car j’ai besoin de te voir plus souvent et de partager des activités avec toi. » Et peut-être que son mari lui aurait proposé de participer au tournoi de golf avec lui ?

Exprimer sa demande.

Formuler une demande claire permet d’aider l’interlocuteur à répondre au mieux à notre besoin. Une fois que le besoin est exprimé, on oriente l’autre sur la meilleure façon de nous satisfaire.
Exemple : « J’aimerais que tu passes moins de temps au bureau et plus de temps avec moi car j’ai besoin de te voir plus souvent et de partager des activités avec toi. Serais-tu d’accord pour qu’on aille au cinéma le mardi ? »
Et voilà 😊 on a tous les ingrédients de la communication non violente dans cette phrase.
Super Et maintenant on en fait quoi ?
Je vous propose de voir cela plus concrètement dans la deuxième partie de cette série sur la communication non violente.

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11 réflexions sur “Comment mieux parler de ses besoins avec la communication non violente Part1”

  1. Merci Yseult, pour ce rappel, exprimer ses besoins, cela parait être la base, et pourtant si loin de la pensée de certaines personnes, qui ne savent même plus ce que sont leurs besoins !

  2. Merci Yseult de parler de cette approche (je préfère ne pas parler de technique pour la CNV).
    J’adore même si je ne maîtrise pas toujours !
    J’ai envie de dire que cela prend du temps, j’ai moi-même du passer beaucoup de temps à contacter mes émotions et à apprendre aussi le vocabulaire qui me permettrait de les exprimer.
    J’ai encore du mal avec mes besoins mais ça vient.

    Envie de partager une autre référence : Cessez d’être gentil, soyez vrai de Thomas D’Asembourg. Juste il fait du bien !

  3. Bonjour, très sympa cet article. La communication non violente est vraiment un sujet passionnant. Il semble que le livre dont tu parles “Les mots sont des fenêtres” soit un culte dans ce domaine. J’ai lu ce titre sur plusieurs blogs. J’espère pouvoir le lire prochainement.

  4. Merci pour cet Article! Les exemples données sont très concrêts et permettent de comprendre les nuances. Ils nous invitent aussi à réfléchir à notre façon de communiquer avec les autres.

    1. Bonjour Aude, merci pour ce commentaire. Je vais tester “en live” cette méthode et faire un article prochainement sur ce test…A suivre 😉

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