Comment mieux parler de ses besoins avec la communication non violente part. 2

Dans la première partie de cet article sur la communication non violente, on a vu comment mieux communiquer en étant conscient de ses sentiments, en exprimant son besoin et sa demande.

L’empathie ou  comment recevoir la demande des autres avec la communication non violente

L’Empathie

« L’empathie est une façon de comprendre avec respect ce que les autres vivent. » Ce n’est pas juste écouter de façon distraite ce qu’on est en train de dire. On écoute, on ressent et comprend.

« Dans la relation à l’autre il n’y a empathie car partir du moment où nous parvenons à écarter tous préjugés et jugements à son égard. »  Il n’est pas toujours aisé d’avoir une qualité d’écoute optimale, notre esprit peu vagabonder si on n’y fait pas attention. Se concentrer sur la parole de l’autre va être le premier exercice !

L’écoute

L’écueil qu’on va rencontrer dans l’écoute de la demande de l’autre c’est qu’on va avoir tendance à ramener ce qu’il nous dit à nous-même. Une fois son histoire racontée, son problème énoncé, on va plonger dans notre savoir ou bien dans notre expérience et se positionner comme si on savait ce qu’il faut que l’autre fasse pour se sortir de la situation/ problème… Mais notre solution n’est absolument pas la sienne. Et en plus l’autre va se dire que nous n’avons pas du tout écouté son histoire/ problème / question / demande…

Ne pas se mettre à la place de l’autre et prodiguer des conseils qu’on imagine être les meilleurs pour l’autre. Car ça ne marche pas. En fait l’autre a juste besoin d’empathie, d’une oreille attentive, d’une présence et s’il choisit de parler de son histoire, c’est qu’il demande une compréhension, une attitude de soutien face à ce qu’il ressent. Ca vous ait déjà arrivé de vous confier à quelqu’un et que cette personne vous réponde :

«  ah oui, c’est comme moi, la dernière fois….. » et hop il bascule sur sa propre histoire. Avez-vous eu l’impression d’être compris ? Ca peut même être parfois agaçant Je ne sais pas pour vous, mais quand quelqu’un à qui je me confie  réagit comme cela, je n’ai plus envie de continuer ….

Exemples de phrases non efficaces :

  • Ce n’est rien, ça va passer,
  • Ah moi c’est pire ….
  • Allez, ne t’inquiète pas ça ira mieux demain
  • Tu devrais….

Mais alors, comment faire ? Comment savoir que nous avons bien compris la demande de l’autre, qu’on est dans l’empathie?

Paraphraser

Qu’est-ce que la paraphrase : C’est la reformulation de ce qu’on vient d’entendre avec ou sans les mêmes mots.

Quand l’utiliser ?
  • Lorsqu’on n’est pas sûr d’avoir compris, ou quand on pense que l’autre a besoin qu’on montre qu’on a compris.
  • Quand il y a un message avec une forte charge émotionnelle. Car cela permet à l’autre de relâcher l’émotion.
Sert à quoi ?

Dire à l’autre ce que nous avons compris de sa demande, de son besoin. Si c’est erroné, il pourra reprendre et corriger, et même ajouter des précisions et continuer de se confier. Si le message est fort émotionnellement, paraphraser va servir à décharger la personne puisqu’à partir du moment où il se sent compris, il s’apaise.

Comment savoir si nous écoutons avec assez d’empathie ?

On sent un relâchement chez l’autre.

Le flux de paroles s’arrête.

Comment rester en empathie quand on se sent attaqué ?

Je pense que c’est l’exercice le plus difficile. Lors d’un échange si on est raillé ou maltraité, notre égo réagit immédiatement et nous adoptons une attitude de défense. Et c’est là où on peut aller vers l’agressivité, et ce surtout si l’interlocuteur n’est pas vraiment dans une démarche bienveillante. Ce n’est pas non plus évident quand nous même sommes sous l’emprise d’une émotion forte, d’avoir le sang-froid, l’idée de penser à réagir en empathie.

Mais comment faire ?

Ne pas réagir sur le coup. Respirer et essayer de comprendre quel besoin non assouvi cela révèle chez l’autre. En reprenant la conversation avec des questions sur les sentiments ressentis par l’interlocuteur et de la paraphrase on peut arriver à rétablir le dialogue. Ceci dit pour l’avoir expérimenté il n’y a pas si longtemps. C’est vraiment pas facile ! Vous allez me dire il faut être ceinture noire en zénitude pour pouvoir réagir de façon aussi maîtrisée ! oui, parce que quand on est touché et qu’on sent que notre vulnérabilité est au max, on a tendance à réagir au quart de tour ou à se renfermer. Il va falloir un peu d’entrainement pour pouvoir retourner la situation et adopter les automatismes de la CNV.

Exemple : Je reprends ici l’exemple que l’auteur des « mots sont des fenêtres » nous donne. Un jour où il intervient avec des jeunes dans des cités. Il leur fait part du fait qu’il a été blessé par leur comportement. L’un d’eux se moque de lui en lui disant :

« pauvre chéri tu te sens blessé ? »

Marshall Rosenberg prend alors  un temps de réflexion (il pouvait choisir de se dire que les autres profitaient de sa vulnérabilité : donc rejeter la faute sur l’autre, soit considérer les besoins de son adversaire avec empathie). Il se rend compte que sa réaction (le sentiment ressenti) est une souffrance, une colère. En étant conscient de ses propres sentiments, il peut retourner à la discussion en montrant une motivation sincère. Les jeunes ont continué un temps à se moquer de lui, puis en voyant la réaction de Marshall à leurs railleries ils ont commencé à discuter.

Le résultat de cette rencontre a été très positif de l’avis des jeunes de la cité puisqu’ils ont dit que Rosenberg avait été la personne qui leur avait le mieux parlé de toutes les personnes qui avaient essayé auparavant. Il n’avait fait que montrer qu’il les comprenait, qu’il comprenait leurs besoins et leurs sentiments.

Traduire nos pensées négatives en sentiments et besoins.

Quand nous sommes face à une situation où nous ressentons des émotions négatives, (tristesse colère, se sentir agressé(e)…) nous avoir plusieurs choix :

  1. se culpabiliser (prendre la critique pour soi, nous dire qu’on est mauvais, etc.)
  2. Rendre l’autre responsable de notre sentiment (se mettre en colère suite à l’action d’une autre personne)
  3. Être à l’écoute du sentiment que l’action a éveillé en nous et se rendre compte du besoin qui en découle et qui n’est pas rempli et du coup se rendre compte que c’est là le responsable de notre ressentiment.
Exemple :

Une mère de famille rentre du travail après avoir fait les courses. Elle est fatiguée de sa journée et elle sait qu’elle doit vérifier les devoirs des enfants, leur demander d’aller à la douche, de mettre la table, il faut qu’elle fasse à manger etc… Rien qu’en faisant la liste de tout ce qu’elle a à faire, elle est encore plus fatiguée.

Lorsqu’elle rentre, l’ainée se dispute avec son frère, et il y a une tonne de devoirs. Le lave-vaisselle déborde, les miettes sont restées sur la table.

Ça sent le vécu ?

Son besoin étant le calme, la sérénité, l’harmonie, il est évident que dans une situation comme cela elle va être stressée. Et effectivement en rentrant chez elle et en entendant les cris des disputes en voyant l’état de la maison et la charge de travail qui lui reste à faire. La tension monte et elle explose. Tout le monde en prend pour son grade. Même le chat qui profitant de la situation est allé s’affaler sur le canapé et a mis plein de poils partout.

Vous voyez l’idée ?

C’est SON besoin qui n’est pas satisfait qui fait qu’elle ressent beaucoup d’émotions négatives.

Comment réagir autrement ?

Cette maman se rend compte que ses besoins ne sont pas satisfaits. Elle va voir le chat et lui demande de l’aide.

Non Je rigole.

Elle va voir ses enfants et fait un état des lieux de la situation telle qu’elle la voit :

Il est 19 h. Je rentre du travail après avoir fait les courses et je suis fatiguée. Je vous entends vous disputer et les devoirs ne sont pas encore faits. Quand je m’imagine toutes les tâches que je dois encore faire, cela m’épuise encore plus et je sens que je me mets en colère à cause de ça cat j’ai besoin de calme et de sérénité pour être mieux. Est-ce que vous voulez bien m’aider pour qu’ensemble on avance plus vite ?

Là-dessus les enfants très énervés par leur dispute se plaignent :

« Mais maman il est toujours dans ma chambre et je lui dis de sortir mais il ne veut pas. »

Là encore la mère sent l’énervement puis la colère monter. Mais comme elle en est consciente voilà ce qu’elle pourrait répondre en usant d’empathie :

« Tu t’énerves parce que ton frère entre dans ta chambre et refuse de sortir malgré ta demande d’être seule ? et ça te mets en colère car tu as besoin qu’il respecte ce que tu lui demande ? »

Si cela correspond aux sentiments que l’enfant ressent, cela fait tout de suite retomber l’émotion et devrait calmer l’enfant..

Voilà que se termine la deuxième partie de l’article sur la non violence très inspirée du livre : Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs de Marshall Rosenberg.

L’article sur l’intelligence émotionnelle peut être un bon complément à celui-ci.

Comme je trouve le concept très intéressant et surement très utile, j’ai entrepris de le tester. Je vous en ferai un retour dès que j’aurai assez d’expérimentations. Je vous invite à me suivre également sur instagram et ma page FB pour d’autres contenus.

A bientôt

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6 réflexions sur “Comment mieux parler de ses besoins avec la communication non violente part. 2”

  1. Merci pour ce bel article, qui nous encourage à tester plus qu’une technique, un autre rapport aux autres et à soi-même ! J’ai découvert la CNV il y a une petite dizaine d’années maintenant, je l’ai utilisée souvent en situation de tension voire de conflit. Il n’est pas toujours évident de l’appliquer dans les règles de l’art, mais faire au mieux avec ses émotions du moment, c’est déjà un grand pas vers une communication plus apaisée, avec les autres et envers soi-même !

  2. Article très utile. J’accompagne moi-même les parents à trouver leur équilibre familial, en utilisant la CNV dans le couple et avec les enfants. C’est un outil extrêmement puissant mais qui demande de l’engagement sur la durée et de la régularité.

    1. Bonjour Valentine, merci pour ce commentaire. Je suis d’accord avec toi, je m’applique à la mettre en place dans ma famille, et c’est parfois…hum… déroutant. Il faut de la pratique !😁

  3. Merci pour cet article !
    Sous la blessure et l’impulsivité c’est compliqué de d’arriver à traduire nos pensées négatives en sentiments et besoins. Mais c’est clairement une des clefs dans la communication de manière générale .

    bonne journée
    Jennifer

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