La charge mentale : changer pour la diminuer

On en a beaucoup parlé il y a quelques années. Elle a été mise à la Une notamment chez les femmes avec la BD d’Emma

La charge mentale qu’est-ce que c’est ?

Selon la chercheuse Nicole Brais de l’Université Laval de Québec ; elle la définit comme “ce travail de gestion, d’organisation et de planification qui est à la fois intangible, incontournable et constant, et qui a pour objectifs la satisfaction des besoins de chacun et la bonne marche de la résidence”

La charge mentale a été définie pour la première fois par Monique Haicault en 1984 : « le fait de devoir penser simultanément à des choses appartenant à deux mondes séparés physiquement »

Par exemple je suis en train de travailler, et tout d’un coup, je me souviens :

  • que je n’ai pas étendu la lessive.
  • Que je dois acheter de la farine.
  • Qu’il faut que j’envoie des certificats de scolarité à la mutuelle.

Ce sont donc les toutes petites choses (ou moins petites) du quotidien qui remplissent notre tète et nous empêchent d’être à 100% à ce que l’on est en train de faire.

Résultat :

Nos pensées s’envolent ailleurs, on a une baisse de la concentration, un manque d’attention

On se disperse, et on n’arrive pas à finir la tache sur laquelle on était.

On rentre dans un cercle vicieux :

Mais d’où ça vient ?

Les personnes qui ressentent beaucoup cette charge mentale sont souvent des personnes qui

  • Sont perfectionnistes,
  • Ont du mal à lâcher prise,
  • Ressentent un besoin de tout contrôler
  • Ont eu des injonctions comme : « tu dois faire ce qu’il faut »

On va voir un peu plus loin des axes d’amélioration pour que la charge mentale ne soit pas si forte, mais avant, quelques petites précisions sur les différentes charges mentales

La charge mentale homme/femme

La charge mentale des femmes est souvent celle dont on parle. Selon une étude Ipsos réalisée en 2018, 8 femmes sur 10 (77%) déclarent avoir trop de choses auxquelles penser. Alors que 59% des hommes ne trouve pas utile de tout planifier ou prévoir.

On se rend bien compte qu’il y a une énorme incompréhension entre les deux sexes.

Peut-être qu’au lieu d’espérer que les hommes pensent comme les femmes, il faudrait apprendre par l’éducation, aux petites filles, à plus lâcher prise, et montrer l’exemple en tant que mère que tout ne repose pas forcément sur les épaules d’une femme. En d’autres termes, apprendre à s’en ficher.

Expliquer aussi aux petits garçons, qu’ils sont tout à fait capables de trier leur linge et de faire leur machine tout seuls. (Par exemple)

Mais peut-être que les femmes malgré le fait qu’elles se plaignent de la situation ne sont pas prêtes à lâcher ce rôle.

Le problème c’est que si elles lâchent, les choses qu’elles estiment importantes voire fondamentales ne sont pas faites. Il est donc primordial, si elles veulent que ça change, soit d’accepter : choisir en conscience de faire ce qu’elles font parce que cela leur convient par rapport à leur vision de ce qui doit être fait,

Soit de revoir leur perception et vision de la vie conjugale et familiale sous un angle complètement nouveau. Je pense que ce n’est qu’en ces termes que la condition de la femme changera vraiment.

Je m’explique : Nombre de femmes déclarent avoir trop à faire, trop à penser, se sentent surmenées, dépassées. C’est un fait.  Mais par exemple, je me rappelle être allée une fois chez une personne qui n’acceptait absolument pas que quiconque remplisse le lave-vaisselle à sa place. La cuisine était SA pièce et éventuellement son mari pouvait débarrasser et il lui disait : « je t’ai débarrassé la table » Comme si c’était la sienne !

Un changement à opérer

Parfois elles se disent : ok je ne fais plus. Je ne ramasse plus les choses qui trainent partout dans la maison, je ne regarde même pas la chaussette sale de Mister chéri qui est laissée négligemment sur le sol depuis une semaine. Le repas étant terminé, je quitte la table sans débarrasser, et elle restera comme ça jusqu’au soir. (ça c’est un très bon test à faire.

D’ailleurs, c’est une femme que je connais qui m’a raconté cette histoire : elle avait l’habitude de faire les repas, débarrasser etc… son mari ne venait que pour manger. Puis, une fois le repas fini, il s’installait confortablement sur le canapé et regardait la télé. Un jour, elle n’a pas débarrassé. Elle est allée aussi sur le canapé. Interloqué, il a fini par se lever et est allé débarrasser. CQFD. (je ne sais pas si le mari a continué à débarrasser 🤣)

Mais si la femme qui tente ça le fait juste pour faire réagir, tôt ou tard, c’est elle que cela va déranger. Et finalement elle va reprendre toutes les taches, et rien n’aura changé.

En revanche si vraiment elle se dit qu’elle s’en fout, qu’elle le pense SINCEREMENT et qu’elle tient bon il y a des chances pour que les choses évoluent. C’est évidemment un très gros changement à opérer. Il faut pouvoir changer littéralement de point de vue, de façon de vivre et d’entrevoir les choses. C’est la plus grosse difficulté de tout changement.

Mais la seule possibilité de voir les choses évoluer, puisque si dans un groupe, une personne commence à changer, alors le système qui l’entoure (c’est à dire les autres membres du groupe) changeront aussi de comportement. Il y aura certainement des disputes, des cris des révoltes. Ce sera l’occasion en tout cas d’amorcer de vraies discussions.

Et chez les hommes?

Chez les hommes aussi…

Les hommes ressentent aussi la charge mentale mais l’associent plus au monde professionnel. Ce qui n’est pas moins gênant bien sûr et arrive aux mêmes résultats, c’est à dire la dispersion, le manque de concentration, l’insatisfaction de ne pas avancer dans son travail, du stress, un burn out…

Il peuvent ressentir également la charge mentale dans le domaine privé lorsqu’ils élèvent seuls des enfants.

Et quand ils sont en couple, en famille, ils ont la responsabilité de considérer cette charge mentale pour qu’elle ne soit plus supportée que par la femme.

La charge mentale des parents solos.

Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, lorsque l’on se retrouve seul à élever un ou plusieurs enfants, et que l’on travaille, on a tout à gérer. Il va falloir une bonne dose de prise de recul et de lâcher prise sur certaines choses pour ne pas se laisser déborder et envahir par la charge mentale.

Les enfants aussi subissent la charge mentale

Beaucoup d’enfants ont un emploi du temps très rempli. Ils enchainent les activités et n’ont plus le temps de souffler. Ils développent alors les mêmes symptômes que les adultes.

Bien sûr il ne s’agit pas de tout faire à la place des enfants et il est normal que selon l’âge, l’enfant participe aux tâches ménagères et vie de la maison.

Comment se sortir de la charge mentale ?

Tout d’abord en prenant conscience que quelque chose dysfonctionne. Arrêter de vouloir être un ou un superman (woman).

Prendre du recul (je sais, c’est pas facile). Pour cela:

  • Faire une liste de toutes les tâches que vous faites (que ce soit à la maison ou au travail)
  • Mettre une note d’importance en face de chaque tâche.
  • Noter ce que vous pouvez éliminer en vous imaginant ce qu’il arriverait si vous ne le faisiez pas.

Ensuite il y a la bonne vieille to do List. Choisissez un moment dans la journée pour l’établir, ça peut être le soir pour le lendemain (des études ont montré que cela réduisait le risque d’insomnies), ou le matin pour le jour même.

Inutile de mettre 20 items (cela va plomber votre journée et vous risquez de ne pas réussir à tout effectuer). 5 ou 6 paraissent raisonnables.

Pour toute action à ne vraiment pas oublier, utilisez les rappels sur votre smartphone. Une fois programmé, au jour et à l’heure prévus, vous pouvez l’oublier et laisser de la place dans votre cerveau à ce que vous faites maintenant.

La méditation de pleine conscience pour travailler le « ici et maintenant)

Cesser de penser que vous êtes multi taches et revenez à une chose à la fois.

Profiter ainsi du « flux » le fait d’être pleinement dans le présent et ressentir un bien être, une fluidité.

Ne pas répondre immédiatement à tous les appels téléphoniques, sms et autres notifications, et si c’est possible, mettre en silence le téléphone quand on fait une tâche.

Faire choisir aux enfants une activité ou deux et proposez des activités que vous pourrez faire AVEC vos enfants. Apprendre ensemble un instrument, ou bien aller faire du sport avec eux.

Éduquer ses enfants avec une idée d’égalité des sexes. C’est par l’éducation que les mentalités finiront par évoluer.

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13 réflexions sur “La charge mentale : changer pour la diminuer”

  1. Bonjour,
    Très bon article, bravo ! J’aime que tu aies insisté sur le fait de devoir lâcher prise pour nous les femmes. En faire moins pour que le reste de la famille en fasse plus. C’est un combat de tous les jours pour moi qui veut toujours tout gérer, tout faire et jouer à la super-woman : de laisser ma fille étendre la lessive, d’accepter l’aide de mon mari quand il me la propose (c’était rare, ça l’est moins).
    En effet pour moi, il y a beaucoup de choses qui sont importantes à faire dans la maison et j’ai beaucoup de mal à “m’en foutre” quand ce n’est pas fait. Pour plusieurs choses, j’ai essayé de trouver “pourquoi” c’était important pour moi : quelquefois je me suis aperçue que ce n’était pas important ; pour d’autres, j’ai trouvé de bonnes raisons et comme mon mari est très rationnel, il a accepté de l’aider, yes !

  2. Bonjour, merci pour cet article qui commente bien l’un des grands maux de notre société : la charge mentale (et le stress qui va avec!). Ca m’a fait penser à l’une des solutions que tu pourrais peut-être proposer (dans un prochain article?) : la méthode Zen To Done. En effet, la charge mentale vient souvent aussi du fait qu’on ne s’organise pas efficacement! Merci encore!

  3. Beaucoup de personnes me consultent en effet au cabinet car elles ont des difficultés à gérer le stress, et 9 fois sur 10, elles finissent par me parler… de charge mentale !
    Et elles y associent presque toujours la notion de “perfectionnisme” et de difficulté à “lâcher prise”.
    Donc, clairement, cet article pourrait être un bon complément à l’accompagnement que je leur propose 😉
    Et puis, il faut bien avouer, j’ai beau travailler dans le domaine de la relation d’aide, c’est un problème qui peut me concerner aussi parfois.
    Notamment, je me reconnais tout à fait dans le fait de dire “C’est bon, je ne le fais plus, ils se débrouilleront”… Et puis, finalement, c’est plutôt moi que ça gêne qu’autre chose ! 😂

    1. Merci Virginie pour ce commentaire, et comme tu le dis si bien, on doit se demander si ce n’est pas nous que ça dérange le plus… Un bon axe de développement. 😉

  4. La charge mentale ne doit pas être sous-estimée, elle peut mener au burn-out…
    Des fois, quand mon copain me pose la fameuse question du “à quoi tu penses?”, je lui sors toute la liste: il faut que j’appelle ma mère, j’ai encore du boulot, la lessive à étendre, etc, etc.
    Ça me permet de me décharger un peu et de déléguer.

    1. Merci Marie pour ton commentaire. Ce qu’il faudrait c’est que les hommes (copains, maris, compagnons etc) ne demandent plus “je peux t’aider?” ou bien : “tu m’as pas dit qu’il fallait faire telle ou telle chose” bref qu’ils s’investissent dans toutes les tâches et qu’ils y pensent sans que les femmes aient à y penser. 😊

      1. Oui c’est tout à fait ça ! Pour se libérer l’esprit il faudrait que les hommes pensent à ce qu’il y a à faire et le fassent sans avoir à leur dire ou leur rappeler 😁. Perso l’agenda de mon smartphone est mon ami ! Merci Yseult pour cet article.

  5. Bonjour Yseult,
    Tout d’abord bravo pour cet excellent article !
    C’est drôle car je suis en train de suivre une conférence/challenge organisé tous les soirs pendant 30 minutes sur la charge mentale.
    Bien que je sois minimaliste et que j’ai nettement diminué ma charge mentale je sens qu’elle existe toujours. C’est pourquoi devant les différentes améliorations d’organisation que j’ai déjà effectué, je voulais savoir ce qui clochait (je considère que quand on a un problème il y a toujours une partie qui vient de nous, même si ça ne fait pas plaisir de se le dire).
    Sur 7 jours j’en suis au 3ᵉ et je n’ai pas été déçue !
    Ainsi j’ai découvert (cela va dans le sens de ton article) que la charge mentale aussi pénible soit-elle offre forcément un bénéfice, même si notre mental n’en peut plus.
    J’ai appris qu’il y a 3 bénéfices différents :
    – Les bénéfices sociaux (exemple qui n’est qu’un petit échantillon : on est perçu comme un(e) leader, on est important car on gère tout)
    – Les bénéfices psychologiques (certains ont besoin de combler le vide, besoin de reconnaissance…)
    – Les bénéfices existentiels (Recherche de la perfection, se sentir exister dans l’action…).

    La conférencière nous expliquait qu’il y avait forcément un bénéfice quelque part et que c’est à nous de savoir où est notre bénéfice. J’ai trouvé les miens et je ne suis pas déçue.
    Identifier ce bénéfice fait beaucoup de bien car si surcharge mentale il y a c’est parce que nous avons une contrepartie. C’est un dilemme mais savoir cela décharge déjà le mental.

    J’apprends beaucoup et je suis ravie de voir que tu dis la même chose. Il faut oser changer (de posture, de regard, d’exigence…).

    Au plaisir d’une prochaine lecture.

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