Stop au positivisme excessif

On nous sert du « rester positifs » souriez, etc… toute la journée, une vague de psychologie positive nous assaille et quoi, zut si nous on n’a pas envie de sourire béatement sur notre vie pathétique. On en a marre du positivisme à outrance!

Non on n’a pas du tout envie de sourire parce que c’est lundi on a un boulot qui nous plait pas du tout, des collègues prêts à nous dénoncer si on passe 5minutes de trop à la pause déjeuner et un chef qui a oublié ce que « pause déjeuner » veut dire. En plus de ça on n’est même pas bien payés. Mais bon faut pas se plaindre hein ? On a du boulot c’est déjà pas mal. En plus faut gérer les enfants, leurs devoirs leur crise d’ado … vous me direz personne ne nous a obligé à en avoir hein des enfants ? Alors de quoi on se plaint ?

Alors voilà le truc c’est qu’on en a marre de voir tous ces comptes dire à qui veut bien le lire ou le croire que si on veut vraiment on peut réussir à tout. Ah oui ? Ben moi finalement je veux être médecin. J’ai 45/50 ans et alors ? Si je veux je peux non ?

Tiens, je vais me renseigner pour voir si c’est vraiment possible ??? exemple d’une infirmière qui a fait des études de médecine à 40 ans.

Effectivement il y en en a qui ont la niaque ! Ceci dit  vu la durée des études de médecine, dans cet exemple on rencontre un âge limite.

Un élan de positif

La psychologie positive est fondée en 1998 c’est vraiment un courant très récent. C’est devenu une vague qui inonde les réseaux sociaux et les différents courants de développement personnel. Mais finalement une mode, car à l’époque du romantisme (fin 18ème siècle/début 19ème) le désenchantement face au monde était de rigueur. Et là pas trop de côté positif mais plutôt l’amour malheureux, la mélancolie.

Penser positif rend positif?

Alors est ce que se persuader que tout va toujours très bien est-il efficace pour être plus heureux ?

Les risques de l’optimisme trop poussé.

A toujours vouloir voir le côté positif des choses, on peut risquer gros :

  • Ne pas voir que l’affaire dans laquelle on se lance n’est en fait pas une bonne affaire du tout.
  • Continuer contre vents et marées en se disant, je vois le bon côté des choses, ça va bien se passer.
  • S’enliser dans une relation toxique en se disant qu’en souriant, le bonheur va arriver.
  • Faire l’autruche en se disant qu’on est heureux.

Je continue avec les exemples ? Non c’est bon vous avez compris ce que je veux dire.

Ce qu’il y a c’est qu’on n’est pas des robots. La déception, la tristesse, le bout du bout…. Ça existe, ce sont des émotions comme la joie, et la gaieté, alors pourquoi les effacer de notre vie ? NON. Elles servent à quelque chose aussi ces émotions négatives. Laisser voir sa vulnérabilité est une force, parce que ce n’est pas facile mais c’est vrai. Parler de ses craintes, de ses peurs et de ses déceptions et échecs aide à repenser les choses positivement quand on est au bout du rouleau. Alors bas les masques. On ne va pas se mentir et affirmer toujours haut et fort que tout va bien. De plus si c’est le cas, comment finalement aller chercher de l’aide quand on en a besoin ?

Relativisons

Vous allez me dire, mais, tu nous parles de pensées positives, de visualisation de « loi de l’attraction » (ah non, ça je ne vous en ai pas encore parlé). Et là, aujourd’hui, tu nous dis qu’il faut arrêter de sourire ?

Les nuages passent

Oui … et non.

Oui parce qu’on a bien le droit de temps en temps d’être complètement pessimiste, de tout voir en noir, de ressasser, de se plaindre et de se faire consoler, remonter le moral, rebooster…C’est là où un petit coup d’optimisme forcé pour relancer la machine (le petit coup de pied au fond de la piscine) a tout son sens. J’admire profondément les gens qui se retrouvent dans une situation compliquée, et qui, l’instant d’après ont la force de laisser derrière ce jeune passé pour retourner se battre. Ce serait ça la solution : cloisonner. Pour ne pas subir une émotion trop forte, pour qu’elle ne nous pourrisse pas la vie. Savoir vivre ses émotions dans l’instant et jusqu’au bout.

Et non, parce que sans sourire, sans visualisation positive de la vie, on risque d’être malheureux pour rien. Essayons donc de nous adapter aux évènements le mieux possible en évitant les dommages collatéraux. C’est ce petit rayon de soleil qui nous fait tenir dans les moments difficiles, quand on a l’impression que tout est noir et le restera, finalement les nuages ne font que passer. Et pour reprendre l’exemple des études de médecine, certes à 50 ans c’est un peu tard, mais voir les choses du bon côté permettent d’accepter sa situation et d’y trouver des raisons de sourire. Et si ce n’est pas le cas, il y a tellement d’autres choses à faire que médecin, n’est-ce pas ?

Le choix

Dans une situation donnée. On a le choix. On peut le prendre bien, ou mal. Mais ça reste notre choix. Par exemple, vous vivez une séparation ou un divorce.

  • Choix 1 : se désespérer, se lamenter et vivre jusqu’à la fin de nos jours pleins de ressentiments envers la personne qui nous a quitté sans pouvoir continuer à vivre notre chemin sereinement. Tout ce qui vous arrive va être comparé à ce que vous viviez avec votre conjoint(e). On ne lâche rien, la bataille est là entre nos ex et nous…
  • Choix 2 : Après la période de deuil raisonnable. Vous trouvez finalement le bon côté de la situation. Et puis si votre mari, ou femme, ne vous supportait plus au point de cesser la relation, c’est beaucoup mieux pour tout le monde de continuer chacun de son côté. On lâche. On laisse tomber certaines choses, pour avoir la paix. Et c’est là notre choix.

Prenons un autre exemple : la crise du coronavirus. Le confinement. On a pu le vivre comme une privation de liberté.

  • Choix 1 : Être comme un lion en cage, se plaindre et s’énerver. Critiquer tout le monde le gouvernement, les chinois, le pangolin…
  • Choix 2 : Prendre ce temps pour se reposer, Faire du sport dans son salon, Lire, apprendre une nouvelle langue. Réfléchir à sa situation méditer…

Dans quelle situation va-t-on être le plus heureux ? Chacun est libre de choisir son mindset….

Et le coaching dans tout ça ?

Le coach vis à vis de son client va être neutre, bien sûr. Puisqu’il est le miroir de son client. Mais il lui permet de prendre conscience de sa façon de penser et de la modifier si il le peut et si il le veut, et surtout si il est prêt à le faire.

Sur ces notes d’optimisme voici que se termine cet article qui râle un peu sur le positivisme basique mais amène à réfléchir à une conscience de son état d’esprit pour le modifier …. Ou pas. Donnez moi votre avis sur la question 😊.

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5 réflexions sur “Stop au positivisme excessif”

  1. Article très intéressant qui prend le contre-pieds de la tendance générale (mode ?). C’est très intéressant de chercher à envisager d’autres issues, d’autres alternatives. Merci pour cette réflexion

  2. Pour ma part, je ne préconise pas la pensée positive. En revanche, je suis un adepte de cette méthode qui consiste à voir ce qu’il y a de positif dans le négatif.
    Un échec, une émotion négative, un obstacle, sont autant d’événements importants à prendre en compte. Car ils sont générateurs d’évolution, de réajustements, de progression.
    On apprend de nos échecs. On se forme pour franchir un obstacle ou on décide de le contourner en faisant autrement. On découvre tellement de choses essentielles derrière une émotion négative.
    Bref, merci pour cet article 😉 Arrêtons de voir des bisounours et des licornes multicolores partout. Voyons la vie telle qu’elle est et agissons en fonction et en pleine conscience.

  3. Merci pour cet article, le positivisme me casse un peu la tête à moi aussi, la vie c’est pas Disneyland ! Les émotions négatives font parties de la vie, on ne peut pas les ignorer… Et sans le -, y a pas le + !

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